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Pierre Jean Duvivier : Nicolas Sarkozy ou le charlot numérique

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Lu sur Agoravox.fr.

Au moment où la nouvelle économie numérique s’affirme en créant des industries solides et florissantes, la France qui a de solides chances de jouer dans la cour des grands se voit handicaper par un pouvoir politique qui ne comprend rien au réseau... pire qui en fait le bouc émissaire facile de réflexions politiques "rase-moquette". La catastrophe numérique est incarnée par notre bling-bling national qui n’a toujours rien compris... et qui s’est juré de détruire notre industrie "ouaib". C’est encore Mickey qui sera content.

On peut considérer la production Open Source comme une chance pour l’Europe de jouer une vraie carte face à la puissance "informatique" américaine.

Les Européens qui ont inventé le concept - linux est né en Europe comme plusieurs langages web - affirment généralement une vraie différence en opposant la liberté de choix, le refus des brevets logiciels face à une volonté hégémonique américaine qui entend enfermer le consommateur dans une dépendance à la technologie.

En schématisant, l’Europe numérique propose un modèle où l’utilisateur de la technologie doit la comprendre en pouvant la maîtriser soi-même alors que le concept Américain repose avant tout sur un mépris du consommateur : c’est "consommer sans comprendre" "nous savons ce qui est bien pour vous" contre "choisissez ce qui est bien pour vous".

La France dans cette Europe "numérique" avant-gardiste avait une bonne carte à jouer. Internet est la fille naturelle des réseaux de télécommunication. La France a depuis longtemps une école d’un excellent niveau concernant les télécoms et leurs applications... et ses ingénieurs ont une vraie aptitude à jouer dans la cour des grands de l’informatique.

C’était sans compter avec notre "médiocratie numérique" qui élève l’ineptie technique au rang de 8e art.

Notre pays s’est vu imposer trois séries de lois aussi néfastes que stupides : la LSI de Jospin, LCEN de Chirac et DADVSI de la bande au Sarko qui ont alourdit les obligations de nos fournisseurs d’accès, rendu nos hébergeurs plus fragiles, interdit le reverse engeneering ce qui empêche toute possibilité de copier le voisin, mais offre la possibilité à nos concurrents de nous attaquer en justice chez nous, interdit les outils P2P qui ferment la porte à toutes les recherches dans ce domaine qui est à l’internet ce que la farine est aux boulangers...

Dernière en date de notre "charlot numérique" : il entend taxer internet pour corriger le cadeau fait à ses copains de TF1... en supprimant la publicité sur les chaînes nationales. Notons que cette idée d’une rare clairvoyance a bien étonné nos amis scandinaves qui ont eu du mal à comprendre comment on peut aussi bien réduire la compétitivité de ses propres entreprises dans un domaine en forte croissance (au cas où les Français pourraient réussir ?)

Nous ne comptons pas l’idée, encore géniale, de doter l’Education nationale de produits "uniquement Microsoft"... connaissant le prix des licences Microsoft alors qu’on peut avoir la même chose gratuit il s’agit vraiment d’un vrai coup de maître. (sic).

Finissons avec le dernier projet de loi qui vise à lutter contre le piratage en mettant en place des radars numériques et en verbalisant les contrevenants... histoire de protéger quelques copains à la Star Ac et bien faire passer le message qu’internet n’est qu’un ramassis de voleurs qui n’ont toujours rien compris à la propriété privée.

Mais... rassurez-vous "le mec à Carla" (vous savez sa "came" bling-bling) a un conseiller "internet" qui résume bien sa vision de la blogosphère :

« Les blogs, c’est pour les losers, ceux qui n’ont rien à faire, ceux qui travaillent leur image »

(interview d’Arnaud Dassier à Valeurs actuelles)...

Notons que ce même Arnaud Dassier s’était déjà rendu célèbre sur le net en "Sarko Spammant"... où il nous étonnait encore par une de ses belles formules affirmant que le débat autour du Spam était "de la littérature" après avoir spammé des internautes qui n’avaient rien demandé.

Il fut aussi un "faiseur de hoax" en créant de faux sites pour balancer de fausses news sans prendre la peine de prendre un nom de domaine sous un nom d’emprunt (aïe). c’est vraiment dur d’être un marketeur viral... Ne parlons pas de la bataille de Google où il prend des mots -clés comme "racaille" ou "voyou" pour renvoyer sur l’UMP.

Apparemment ce "fils à papa" - il est le fils du directeur général de LCI - qui a réussi à placer sa femme au service de presse de Rachida (Dati) aurait eu 1,5 million d’euro à l’UMP pour sa stratégie "Internet"... Peut-être le prix de la médiocrité numérique ?

Nulle doute qu’avec des visionnaires pareils nous allons faire de grands bonds numériques et que nos chers concurrents européens et américains n’ont vraiment aucun souci à se faire... Si on réussit en France dans l’internet c’est bien "malgré nos gouvernants".

La France politique "numérique" en ce début de siècle est malheureusement un désert d’idée où les seules oasis sont peuplées de politiques arriérés qui confondent souris et mulot : aucun programme ambitieux alors que nous avons les meilleurs débits européens et un taux de pénétration haut débit très élevé, aucun programme national d’encouragement pour les entreprises IT... Rien...

Alors que j’ai pu voir de mes propres yeux une ministre de la Recherche norvégienne assister à l’événement corporate d’un petit éditeur de logiciel libre (eZpublish pour les nommer à Skien)... J’ai aussi largement pu constater au travers de mon passé à la ligue ODEBI la médiocrité générale de notre classe politique sur le sujet...

Le souvenir d’une audition au Sénat, il y a quelques années, où le rapporteur du texte de la LCEN - Loi sur la confiance en l’économie numérique - ne comprenait pas le dixième des mots que j’employais - serveur, ips, etc., kesako ? Des grots mots ? reste encore bien ancré.

L’idiotie numérique nous gouverne alors qu’une génération entière attend simplement qu’on la laisse imaginer le web de demain.